Moi, j’ai deux mamans !

Nous sommes à San Francisco. Entre ville et nature, entre dimension Européenne et démesure Américaine. High-connected people et Hippies des années 60 versus 21ème siècle. Les mêmes drogues, les mêmes fringues, les mêmes idées.

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@WeAreLesFilles

Les gens sont avenants, souriants, se parlent. Ils sont de toutes les couleurs, les formes, les religions, les mouvances. Ils ont le droit d’être comme ils le souhaitent et tout cela s’autorégule dans la douceur. A San Francisco, les hommes peuvent être des femmes, les femmes des hommes, les milliardaires peuvent porter des sweets à capuche, avoir 20 ans et font le « buzz ».

J’étais à la caisse d’un supermarché en train de pâlir en voyant les chiffres défiler (SF est une ville très chère, de plus en plus chère, pas loin de l’extrêmement chère, plus les taxes).

A la caisse du supermarché donc, mon caissier était brun, barbu, 25 ans, plutôt beau gosse, les ongles fait avec un superbe vernis rouge vermeil.

Je vous laisse imaginer la même chose en France même si ce charmant jeune homme n’aurait jamais pu passer l’entretien d’embauche.

Au même moment, la personne qui empaquetait nos affaires commence à discuter avec mon fils, et tout à coups, le petit lui dit fièrement : « Moi, j’ai deux mamans ! » La première fois qu’il me l’a faite celle-là, c’était dans le TGV entre Lyon et Grenoble. Il discutait avec le petit en face de lui puis tout à coup, après un moment de silence, il dit tout haut, un rien arrogant : « moi j’ai deux mamans ».

Un blanc s’ensuivit, le wagon entier suspendait son souffle. Prise au dépourvu, j’ai souri, acquiescé un peu bêtement et la vie a finalement repris, comme si de rien n’était.

Dans ce supermarché, à San Francisco, j’étais parée. Il m’avait déjà fait le coup, je ne me ferais pas surprendre une seconde fois. Je ne rougirai pas, je ne bégaillerai pas. Et pourtant…

Cette dame qui empaquetait nos affaires lui répondit du tac-au-tac :« moi aussi j’ai deux mamans ». Il en fut soufflé, j’en fus soufflée.

Bienvenue à San Francisco les ami-e-s ! — Je vous laisse imaginer la même chose en France 😉

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